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Stagflation : le mot que tout le monde répète sans l'expliquer

Droits de douane, tensions géopolitiques, énergie… Le contexte 2026 remet sur la table un scénario que les économistes redoutent. Inflation qui monte, croissance qui ralentit : ce que la stagflation change vraiment pour votre argent.

Depuis le début 2026, deux choses se passent en même temps : les prix continuent de monter (tirés par les droits de douane américains et la tension sur l'énergie liée aux conflits au Moyen-Orient), et l'économie, elle, ralentit. La croissance européenne est attendue à seulement 0,9 % cette année. L'inflation en zone euro a rebondi à 2,5 % en mars.

C'est cette combinaison — prix qui montent + croissance en berne — que les économistes appellent la stagflation. Et c'est pour ça que les banques centrales sont aujourd'hui dans une position particulièrement inconfortable.

Joseph Stiglitz, Prix Nobel d'économie, déclarait en mars 2026 : "Le risque de stagflation aux États-Unis est assez élevé."

Pourquoi ce mot revient partout en ce moment

En temps normal, les prix et la croissance évoluent dans le même sens : quand l'économie ralentit, les prix baissent naturellement. La stagflation, c'est quand les deux vont dans le mauvais sens en même temps — et c'est le cauchemar des banques centrales, parce qu'il n'existe pas de bonne solution.

Pour visualiser : imaginez conduire avec l'accélérateur et le frein enfoncés en même temps. Baisser les taux pour relancer l'économie ? On risque de faire repartir l'inflation. Les monter pour casser l'inflation ? On étouffe encore plus la croissance. Il n'y a pas de bonne réponse. C'est ça, la stagflation.

Le précédent le plus marquant : les années 1970, avec le choc pétrolier. Les prix avaient explosé du jour au lendemain, l'économie s'était paralysée, et il avait fallu des années pour s'en sortir. On n'en est pas là — mais les ingrédients ressemblent.

Ce que ça change concrètement pour votre argent

Premier impact : l'épargne "sûre" perd du terrain en silence. Le Livret A est à 1,5 % depuis février 2026. L'inflation est à 2,5 %. Résultat : 10 000 € sur votre livret vous rapportent 150 €… mais perdent 250 € de pouvoir d'achat. Chaque année.

Deuxième impact : les marchés financiers deviennent nerveux. Les entreprises paient plus cher pour produire, mais leurs clients consomment moins. Bénéfices en baisse, marchés agités. Pas de raison de paniquer — mais il faut s'y préparer mentalement.

Troisième impact : l'immobilier n'est plus le refuge évident d'autrefois. Si la BCE remonte ses taux pour contrer l'inflation — ce que les marchés anticipent dès fin avril —, les crédits redeviennent plus chers, et le marché se tend. L'immobilier reste solide sur le long terme, mais la période des "valeurs refuge automatiques" est derrière nous.

"Faut-il tout mettre en cash et attendre que ça se calme ?"

La question revient souvent. Et elle est légitime — quand les nouvelles sont mauvaises, l'instinct naturel c'est de se mettre à l'abri.

Sauf que personne ne sait quand "ça va se calmer". Et ceux qui sortent des marchés pendant les crises ratent souvent les meilleures journées de rebond — qui arrivent toujours sans prévenir.

Il y a une différence entre paniquer et ajuster. La panique, c'est réagir à l'émotion. Ajuster, c'est regarder calmement sa situation, comprendre ce qu'on a et pourquoi — et décider en connaissance de cause, idéalement avec quelqu'un dont c'est le métier.

Dans tous les cas : ne rien décider seul, sous le coup de l'émotion. Prendre du recul, comprendre ce que vous avez — et si vous avez des doutes, en parler avec quelqu'un dont c'est le métier. C'est souvent dans les périodes agitées que se prennent les meilleures… et les pires décisions.

On en parle.

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